“Unwilling to Die Unprepared”: Kinship, Religion, and Property in Nineteenth-Century Acadian Wills
Résumé
Au début du XIXe siècle, les chefs de famille acadiens francophones de la municipalité de Clare, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, ont demandé à leur missionnaire catholique de rédiger leurs testaments, en utilisant l’anglais pour les documents destinés à la magistrature anglophone. Une étude des registres successoraux révèle que les testaments acadiens témoignent de la manière dont une génération vieillissante d’anciens exilés politiques et de réfugiés (survivants des déportations acadiennes) a transmis les terres et les biens qu’elle avait acquis depuis sa réinstallation en Nouvelle-Écosse. Représentant un groupe ethnique et linguistique distinct dans une colonie britannique à prédominance anglo-protestante, ces testaments reflètent les éléments religieux et sociaux catholiques à une époque où, jusqu’en 1827, les serments anti-catholiques limitaient la participation des Acadiens à la vie publique. En rédigeant leur testament, les testateurs acadiens faisaient des déclarations sur leur foi religieuse à l’approche de la mort et affirmaient leurs liens familiaux par le biais de la distribution de leurs biens. Les Acadiens de Clare ont simultanément conservé les rites funéraires catholiques qui les distinguaient des protestants et adhéré aux lois anglaises sur les successions importées de Nouvelle-Angleterre en Nouvelle-Écosse au XVIIIe siècle. Le curé jouissait d’une autorité considérable et complexe au sein de la communauté acadienne, car il exerçait à la fois des fonctions religieuses et civiques, notamment en tant que juge de paix.