Observance et profanation du dimanche dans l’industrie ferroviaire du Québec au XIXe siècle

Auteurs-es

  • Alex Gagnon Université de Sherbrooke

Résumé

L’historiographie québécoise situe souvent au début du XXe siècle la montée des profanations industrielles du dimanche et l’essor des débats politiques qui les entourent. Cet article éclaire la genèse de ces phénomènes, au Québec, en retraçant au XIXe siècle les résistances religieuses que suscite l’inobservance chronique du dimanche sur les voies ferrées. L’étude, qui s’attache au demi-siècle suivant l’émergence du chemin de fer sur le territoire (1836-1886), restitue l’évolution du combat religieux contre les trains du dimanche, qui naît à Montréal dans les années 1840 et qui se poursuit dans les décennies suivantes, tandis que les compagnies ferroviaires, prises entre des impératifs moraux et commerciaux parfois inconciliables, dérogent constamment à l’observance stricte. Malgré des décalages temporels et confessionnels, ce combat est porté à la fois par les élites protestantes, presbytériennes et méthodistes principalement, et par l’Église catholique, qui parviennent à faire de l’observance du repos dominical une question politique et législative.

Biographie de l'auteur-e

Alex Gagnon, Université de Sherbrooke

Alex Gagnon est stagiaire postdoctoral à la Chaire de recherche en histoire contemporaine du Québec : État, territoire et identité (Université de Sherbrooke).

Publié-e

2025-12-10