À la croisée de la Révolution tranquille et du judaïsme orthodoxe : l’implantation de la communauté hassidique des Tasher au coeur du Québec francophone et catholique (1962-1967)

  • Simon-Pierre Lacasse Université d’Ottawa

Abstract

L’auteur se penche ici sur les premiers contacts entre une communauté juive hassidique et la population d’ascendance catholique et francophone de Sainte-Thérèse-Ouest, une municipalité rurale en pleine expansion industrielle. Selon lui, le contexte de la Révolution tranquille, caractérisé par une importante diminution de la pratique du catholicisme et par un mouvement d’affirmation nationale dont le vecteur principal est la langue française, favorise une ouverture nouvelle sur le judaïsme. Il s’agit de comprendre comment l’orthodoxie juive trouve un espace d’affirmation dans la modernité émergente du Québec, et de constater comment les Tasher composent avec les mécanismes de l’époque contemporaine pour mieux se prémunir contre ses périls.

This article focusses on the first contacts between a Hasidic Jewish community and the Catholic and Francophone population of Sainte-Thérèse-Ouest, a rural municipality in the midst of industrial expansion. The context of the Quiet Revolution, which was marked by a significant lessening of Catholicism and a movement of national affirmation mainly driven by the French language, promoted a new openness toward Judaism. The article explores how the Tasher community dealt with the contemporary era’s mechanisms to better protect themselves against its perils.

Author Biography

Simon-Pierre Lacasse, Université d’Ottawa
Simon-Pierre Lacasse est doctorant en histoire à l’Université d’Ottawa. L’auteur voudrait exprimer sa gratitude envers Pierre Anctil, qui dirigea la thèse de maitrise à partir de laquelle fut tiré l’essentiel de la matière présentée dans cet article. Ses conseils judicieux et son appui indéfectible ont su stimuler la réflexion de l’auteur tout au long de cette recherche. Il remercie aussi M. Aimé et Mme Denise Dion de l’avoir accueilli à leur domicile et d’avoir partagé leur expérience d’avoir vécu depuis 1964 auprès des Tasher. Également, les commentaires et les travaux de Samuel Grossberger, journaliste à l’hebdomadaire Der Moment, furent essentiels à intégrer un point de vue hassidique à ce récit. Finalement, merci à Steven Lapidus d’avoir initié l’intérêt de l’auteur pour l’étude de la communauté juive orthodoxe et de s’être montré toujours disponible à partager ses vastes connaissances sur le sujet.
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